Le dernier mot de Malraux : « ce devrait être autrement »
Challenges —

Invoquer la figure de l’écrivain en contrepoint de celle de l’homme engagé dans son époque déclenche une nouvelle salve : des romans trop touffus au contexte historique complexe, pas assez littéraires ou trop philosophiques, des fulgurances étourdissantes mais obscures, des erreurs dans ses écrits sur l’art, une grandiloquence désuète… Si l’on devait résister encore, les arguments imparables de la biographie tombent comme un couperet - vol de statues en Asie, addictions, mythomanie. On l’aura compris, surmonter les accusations contre Malraux est un passage obligé pour tout lecteur désireux de (re) découvrir l’écrivain. Et pourtant, 50 ans après sa mort et 30 après son entrée au Panthéon, l’homme et l’artiste méritent mieux que les clichés auxquels on les réduit. L’admiration n’oblige pas à l’aveuglement.