À 25 jours du premier tour des municipales, l’intelligence artificielle générative commence à marquer la campagne électorale en France. Selon Romain Cluzel, du service politique de RMC, plusieurs candidats exploitent déjà ces technologies pour créer des contenus originaux et percutants.
À Paris, la candidate de Reconquête, Sarah Knafo, utilise l’IA pour générer des vidéos et images illustrant, par exemple, des rues jonchées de déchets ou des scènes d’agression nocturne. Ces contenus, bien que fictifs, sont revendiqués par son équipe pour appuyer des arguments de campagne sur la sécurité et la propreté. Dans d’autres villes, l’IA est employée de manière variée : voix générées artificiellement pour répondre aux électeurs à Grenoble, chansons de campagne en Dordogne, ou création d’affiches et visuels pour les réseaux sociaux. L’atout principal reste la rapidité et le faible coût de production, mais le risque de distorsion de l’image du candidat existe. Certains partis se préparent déjà pour 2027. Gabriel Attal, président de Renaissance, a constitué une équipe dédiée à l’IA, explorant comment ces outils pourraient révolutionner l’information sur les programmes. De même, La France Insoumise utilise l’IA pour optimiser le tractage et le porte-à-porte. Mais ces innovations présentent aussi des dangers : multiplication des fausses images et vidéos, comme à Guéret ou Toulouse, pouvant déstabiliser les campagnes. Selon le communicant Florian Silnicki, la réponse consiste à une veille active et rapide sur les réseaux sociaux. À ce stade, l’encadrement légal ou technique de l’IA dans la politique reste limité, laissant entrevoir un enjeu majeur pour la présidentielle à venir.
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